Biodiversité de la RBCA
Une richesse naturelle exceptionnelle — flore, faune, zones humides et écosystèmes forestiers uniques au monde
La Cédraie de l’Atlas
La forêt de Cèdre de l’Atlas (Cedrus atlantica) est l’écosystème emblématique de la RBCA. Avec 140 000 hectares au Maroc — dont 82 000 ha dans le Moyen Atlas — elle constitue plus de 70% de l’aire de distribution mondiale de cette espèce.
Espace multifonctionnel par excellence, la cédraie fournit 80% de la production nationale de bois d’œuvre et génère l’équivalent de 6,5 millions de journées de travail annuellement.
Fonctions écologiques
Au-delà de sa valeur économique, la cédraie joue un rôle écologique irremplaçable : régulation hydrique, protection des sols contre l’érosion, régulation du microlimat local et séquestration du carbone.
Elle abrite également une biodiversité remarquable : lichen, champignons, plantes aromatiques et médicinales, miel, et constitue le dernier refuge du Macaque de Barbarie en Afrique du Nord.
Une faune remarquable
La RBCA héberge de nombreuses espèces emblématiques, dont certaines menacées à l’échelle mondiale
Macaque de Barbarie
Macaca sylvanus
Seul primate sauvage du Maroc, le Magot vit dans les forêts de cèdres. Son observation est l’une des grandes attractions touristiques de la RBCA.
Vulnérable
Aigle royal
Aquila chrysaetos
Maître des cieux du Moyen Atlas, l’aigle royal niche dans les falaises et chasse sur les vastes espaces ouverts de la réserve.
Préoccupation mineure
Loutre d’Europe
Lutra lutra
Présente dans les cours d’eau et les lacs de la réserve, la loutre est un excellent indicateur de la qualité des écosystèmes aquatiques.
En déclin
Faisan de Colchide
Phasianus colchicus
Oiseau emblématique des sous-bois de cèdres, apprécié des chasseurs et protégé dans les zones centrales de la réserve.
Population stable
Truite fario
Salmo trutta
Les rivières et lacs du Moyen Atlas abritent des populations de truites réputées, faisant de la pêche une activité phare de l’écotourisme.
Peuplement actif
Cerf de Barbarie
Cervus elaphus barbarus
Sous-espèce endémique d’Afrique du Nord, le cerf de Barbarie a été réintroduit avec succès dans les parcs nationaux de la RBCA.
En danger
Lacs et zones humides RAMSAR
La RBCA abrite une constellation de lacs et de zones humides d’une beauté saisissante, dont six sites classés à la Convention de Ramsar, témoignant de leur importance internationale pour la conservation des oiseaux migrateurs et des espèces aquatiques.
Lac d’origine volcanique, surnommé « l’œil de la forêt » en langue berbère
Le plus grand lac naturel du Maroc, à 2 080 m d’altitude, site RAMSAR
Complexe de lacs entourés de forêts de cèdres aux portes d’Ifrane
L’Oum Er Rbia prend sa source dans le cœur de la réserve
Ces zones humides assurent l’alimentation en eau des trois grands bassins versants : Sebou, Oum Er Rbia et Moulouya — des ressources vitales pour des millions de Marocains.
Une flore d’une richesse exceptionnelle
Cedrus atlantica
Le Cèdre de l’Atlas, espèce endémique d’Afrique du Nord, peut vivre plusieurs siècles et atteindre 40 mètres de hauteur
Chênaies et yeuseraies
Chêne vert, chêne-liège et chêne zéen forment des forêts mixtes en association avec la cédraie
Plantes médicinales
Plus de 200 espèces de plantes aromatiques et médicinales, dont la lavande, le thym, la sauge et la menthe sauvage
Champignons et lichens
La cédraie abrite une biodiversité fongique remarquable, avec des espèces comestibles réputées et des lichens indicateurs de qualité d’air
Pelouses d’altitude
Au-dessus de 1 800 m, les pelouses subalpines abritent des espèces endémiques du Moyen Atlas adaptées aux conditions extrêmes
Préserver ce patrimoine menacé
Malgré sa richesse exceptionnelle, la biodiversité de la RBCA fait face à des pressions multiples qui justifient la mise en place d’une réserve de biosphère :
Des millions de têtes de bétail pâturent dans les forêts, empêchant la régénération naturelle des cèdres
Le bois de feu, principale source d’énergie des ménages ruraux, pèse lourdement sur les forêts
La succession de sécheresses fragilise les cèdres et accélère le dépérissement forestier
L’expansion agricole en zone de transition empiète sur les habitats naturels et les corridors écologiques